Je vous explique.
La toque, c’était le chef qu’on regarde. Celui qui officie derrière un passe-plat, pendant que vous attendez d’être servi. Sympathique, mais ce blog n’a jamais fonctionné comme ça. Ici, personne n’attend son assiette. On planifie, on découpe, on pèse, on met sous vide, on remplit des boîtes pour la semaine. Le couteau, c’est l’outil de celui qui fait. Trente ans dans les métiers de bouche m’ont appris une chose simple : tout commence par un bon couteau et un plan de travail dégagé. Le logo dit exactement ça. Vous entrez dans un atelier, pas dans une salle de restaurant.
La ligne verte, ensuite. Ce vert sauge, un peu profond, un peu forêt. J’aurais pu choisir la panoplie habituelle des sites « healthy » : la pomme verte, le mètre ruban, la silhouette qui lève les bras au soleil. Très peu pour moi. Manger équilibré ne devrait jamais ressembler à une punition, et encore moins à une pub des années 90. Ce vert-là évoque les légumes du marché, la fraîcheur, la satiété tranquille. Il accompagne le couteau sans faire la morale.
Et puis il y a le trait lui-même. Des lignes nettes, une typographie droite, rien qui dépasse. Ceux qui suivent mes plans de batch cooking savent que derrière chaque semaine de repas, il y a des chiffres : des protéines comptées, des portions pesées au gramme, un équilibre calculé. Cette rigueur méritait un dessin à sa hauteur. Précis, propre, sans fioriture.
Le plus amusant, c’est le mariage avec le reste du site. Ce logo très épuré vient se poser sur les pages beiges du carnet, avec leurs tampons et leurs titres à l’ancienne. Un contraste voulu. D’un côté la méthode, presque scientifique. De l’autre, la chaleur d’un carnet de cuisine qu’on annote à la main, taché de café, corné aux bonnes pages. Les deux ensemble racontent ma façon de travailler : des calculs sérieux, partagés comme on discute autour d’un plan de travail.
Un logo n’a jamais fait cuire un seul œuf, je vous l’accorde. Mais celui-ci pose une promesse, et je compte la tenir : vous apporter le savoir-faire d’un professionnel des métiers de bouche, appliqué à une cuisine du quotidien qui rassasie, qui organise et qui allège, sans jamais tomber dans le régime d’hôpital.
Le couteau est aiguisé. La suite se passe en cuisine.

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